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3 avril 2026 @ Ben, 17 ans de nous

  • 4 avr.
  • 5 min de lecture


Tout a commencé par un Transat. En ville. Sur les bords de la Seiche (35). On était en 2009 je crois, je n'ai pas réussi à retrouver la date exacte. Le festival "Transat en ville", acteur des étés rennais, s'étirait désormais dans les villes de l'agglo. Le programmateur, qui tenait un restau dans le centre nous avait dit de ne pas rater, celui, qui, pour lui, allait exploser bientôt. Ça tombait bien, on habitait juste à côté.


Ben. Mazué. "C'est un ancien médecin qui a décidé de se consacrer à la musique, il a vraiment tous les talents, dont celui indéniable de l'écriture". Plutôt du genre alléchant comme accroche. Nous voilà donc prenant place dans les transats (pas très pratique pour bouger)… et arrive l'artiste. Ou plutôt les artistes. Ils sont deux. Clément Simonet, qui l'accompagne toujours d'ailleurs, est avec lui. Dans mes souvenirs, ils ont chacun une guitare, il y a un aussi des loopers. Autant dire que je ne suis pas restée longtemps assise dans le transat… d'ailleurs il trouvait ça bizarre le concept.


Découvrir un artiste pour la première fois, c'est… assez jubilatoire. Je craque tout de suite. Ce je-ne-sais-quelque-chose dans la voix, sa manière de bouger, un brin assuré, un brin pas à l'aise, mais je sens que c'est parce qu'il veut être juste. Qu'il ne veut pas toucher à côté. L'important n'est peut-être pas de toucher la cible… mais il vise en plein dans le mille.


Il chante, il slame, il explique et parle… beaucoup. Rap addict affiché, il enchaîne une dizaine de titres, dont "Obama"… qui sonne et résonne pas mal (beaucoup ?) encore aujourd'hui… "Je préfère me cramponner à l'idée qu'on peut vivre et qu'on peut se dire qu'il y a deux trois trucs mieux au milieu de la tonne de soucis… il a pas gagné avec la crainte et la peur du voisin, mais avec l'idée qu'on peut et moi c'est ça que je retiens… fallait son élection pour que les sceptiques aillent se faire mettre !" Oui, les sceptiques, allez vous faire mettre. Nous on veut de l'amour, de la gentillesse, de l'empathie et de la poésie. Et avec lui, on est et on sera servi (et ce sera encore mieux qu'avec Tony Micelli).


"On commence, on n'a pas encore beaucoup de chansons" ok les gars, mais ça promet du bonheur pour la suite… s'il vous plaît continuez, recommencez, ne vous arrêtez pas ! "Le premier homme sur la lune, j'étais pas là… la première femme dans les urnes, j'étais pas là… pour aller libérer la Bastille, j'étais pas là, mais le 4 novembre et j'en vibre, j'étais en vie"… Un peu lunaire, un peu là, mais pas vraiment, un peu timide aussi quand je vais oser venir parler avec lui, me faire dédicacer son EP "L'homme modeste", lui dire que j'ai adoré ce moment. Que j'ai vraiment adoré ce moment.


(j'ai mis un filtre "spectaculaire", mais ça flashe toujours entre nous ;-))


J'aime sa sincérité, son écriture ciselée, entre émotions, mélancolie parfois, espoir souvent, mais justesse toujours. Oui, son écriture est incroyablement juste. Elle touche profondément. Ce petit je ne sais quoi qui parle à notre âme. Il nous évoque sa vie, ses angoisses, l'amour, son divorce, ses enfants, son recouple, ses inspirations, ses passions, le foot, les copains, le temps qui passe, les noeuds au cerveau… sa vie, c'est toujours un peu la nôtre. Il parle de lui, mais il parle de nous en fait, sur un détail, sur le fil. Et en fonction de nos parcours, ses mots nous touchent à un moment ou à un autre. Et je l'écoute et le réécoute. Et le réécoute. Il y a cette chanson aussi. Extraite de "Georgia", conte musical de mon cher auteur-ami Timothée de Fombelle… "Tous mes rêves chantent". Un summum de délicatesse.


Ce petit mot aussi, délivré au fil d'une interview, réplique que j'aurais tellement aimé osé avoir à un moment précis de ma vie : « Quand je suis passé de médecin à artiste, j’ai d’abord calé ma vie comme celle d’avant. J’allais au bureau tous les matins pour écrire des chansons et je rentrais le soir. Mais le résultat n’était pas terrible. Et puis je me suis rendu compte que pour écrire des chansons, il faut se nourrir, cela veut dire aller déjeuner avec un ami, voyager, rencontrer des gens, aller au cinéma… c’est en cela que la vie d’artiste est extraordinaire : cela fait partie du job de… vivre ! Et quand j’ai enfin compris que cela devait faire partie de mon quotidien de professionnel, cela a mis du temps pour que je ne culpabilise pas, mais une fois que c’est arrivé, c’était plus que génial ! » Ses podcasts aussi, avec des lettres d'amour et un courrier du coeur. Ça me parle tellement les lettres. D'ailleurs, lors d'une dédicace, je lui ai offert mes "Très chers fantômes", mais… no retour… bof Ben, pour un gars qui fait gaffe aux autres. Bof quand même. Mais bon, peut-être qu'il a trouvé ça nul. Allez, on sourit pour la photo…


J'ai eu la chance de le voir quatre fois sur scène. Et ce concert en trio avec Gael Faye et Grand Corps Malade pour leur superbe album composé à six mains "On a pris le temps". C'était à la Salle Pleyel à Paris et j'en ai encore des frissons… La dernière fois, c'était hier. À Rennes, au Liberté. Et c'était géant. Ce concert avait le goût de la perfection. Ouverture grandiose, humour canaille, salle pleine à craquer (j'avais réservé deux places un an et demi avant, ne sachant même pas avec qui j'allais y aller, s'y j'allais être accompagnée…mais il y avait Ben, alors…). À ses côtés, Just Vox, un quatuor vocal soutenant les mélodies, des musicos de dingo, dont Clément Simonet à la gratte, des cordes et des cuivres en virtuel projetés sur écrans géants dans des décors de rêve, du sud de la France ou de la Réunion… une scénographie aux petits oignons avec des prouesses techniques fabuleuses. Et lui. Désormais pleinement assuré (ça doit être tellement jubilatoire d'avoir les moyens de ses idées !), il nous offre un show de deux heures couvrant toutes les émotions, différents tableaux d'une beauté à couper le souffle, des décors de montagnes, de ville, de fenêtres éclairées, de champs… Et cet hommage final à sa maman, à l'avant scène, en guitare-voix… on en ressort émerveillés, époustouflés, ayant l'impression d'avoir baigné dans un petit cocon de douceur de mots délicatement ciselés, choisis avec précision, de musique perfect à souhait et de voix si touchantes. Tellement essentiel.


Comme il est bon de voir un artiste grandir. Et cette petite impression qu'il fait partie de la famille. Celle que l'on se choisit. Merci Ben pour tous ces moments associés à tes refrains. Des moments de bonheurs simples, des moments intimes, pas mal de tristesse, mais des joies -immenses les joies- des moments de partage, beaucoup aussi. Parce qu'au bout du chemin… il nous restera ça.


(si vous n'êtes pas fan, peut-être que vous ne comprendrez pas tout, j'ai glissé entre les lignes pas mal de ses titres en clin d'oeil… désolée d'avance pour les non-initiés. Le mieux, c'est d'aller l'écouter illico !)



 
 
 

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